top of page
Rechercher

Plan Opérationnel triennal 2024-2027


Les chocs ne semblent plus ponctuels dans le contexte haïtien ou, tout au moins, ne sont plus perçus comme tels tant ils se succèdent et se chevauchent, avant même que les communautés arrivent à s’en relever. Le présent Plan opérationnel triennal 2024 – 2027 (POT 2024 – 2027), le premier à découler du Plan national de gestion des risques de désastre (PNGRD 2019 – 2030), naît d’ailleurs dans un contexte de crises multiples : l’insécurité ; la violence de groupes armés et ses corollaires (les routes, la destruction ou le dysfonctionnement des services publics, les déplacements de population fuyant cette violence) ; la dégradation de l’environnement ; la précarité socioéconomique ; une crise politique de intense…Malgré tout, le Système national de gestion des risques de désastre (SNGRD), à travers notamment le Secrétariat permanent de gestion des risques de désastre (SPGRD) et la direction générale de la Protection civile (DGPC), ont multiplié les efforts, avec l’appui des partenaires techniques et financiers (PTF), pour franchir cette nouvelle étape vers l’accomplissement de la vision du PNGRD 2019 – 2030.


En effet, il est projeté qu’à l’horizon 2030 « les Haïtiennes et les Haïtiens, les institutions publiques et privées, ainsi que les communautés, soient capables d’assurer la protection des vies et des biens face aux risques multiples auxquels ils sont exposés, tout en renforçant la résilience collective et territoriale, dans le respect des principes d’équité de genre, d’inclusion, de sécurité humaine et de bonne gouvernance dans une perspective de développement durable. »


Aucun répit n’est donc permis pour y parvenir véritablement. Le SPGRD, fraîchement redynamisé en 2023, devra jouer son rôle crucial de coordination pour assurer la collaboration de toutes les parties prenantes, impliquées dans la gestion des risques de désastre (GRD), dans ce processus. À côté de la DGPC, qui le préside, il devra confirmer et assumer son rôle central dans la construction de la résilience nationale et se servir de ce POT comme principale boussole pour les trois prochaines années.


Vue globale et contexte du plan


Le POT 2024 – 2027 constitue un outil de planification, divisé en cibles annuelles et basé sur les quatre axes stratégiques du PNGRD 2019 – 2030, dont il vise la concrétisation. Pour rappel, les axes du plan national, sanctionné par un arrêté, publié le 15 juin 2020, sont, en résumé : (i) la connaissance des risques ; (ii) la gouvernance des risques ; (iii) l’investissement et le transfert des risques et (iv) la préparation et la réponse.

Ce POT, qui n’est pas un plan opérationnel de « développement », à proprement parler, comprend exclusivement des actions en gestion des risques de désastre (GRD) et des initiatives pour l’intégration des critères de risques dans la planification du développement. Il retient l’approche de gestion multirisque et l’intersectorialité et couvre les différentes composantes de la gestion des risques de désastre, parmi lesquelles l’analyse et la connaissance des événements, l’atténuation, la préparation, l’intervention et le rétablissement.


Le POT 2024 – 2027 mobilise le niveau opérationnel du gouvernement central. À cet échelon et selon l’organisation du SNGRD, la gestion des risques sectoriels est essentiellement assurée par des comités institutionnels, sectoriels et thématiques et la préparation, la réponse et le relèvement par les comités de préparation et de réponse aux urgences et le Centre d’opérations d’urgence national dans le contexte haïtien.


Un pays à haut risque


Haïti reste très vulnérable aux catastrophes d’origine naturelle et affiche, pour 2024, un indice de risque INFORM très élevé, de 7,2. Cette vulnérabilité est due en grande partie au fait que le pays est exposé à de multiples aléas naturels ou résultant de l’action humaine et très sensible face à la récurrence des situations d’urgence ou de désastre qui affectent régulièrement les communautés, particulièrement les groupes les plus fragiles.

Plan opérationnel triennal 2024 – 2027 | 11Plus de 93 % de la surface du pays et plus de 96 % de la population haïtienne sont exposées aux risques d'au moins deux aléas, notamment des ouragans, des inondations, des tremblements de terre, des glissements de terrain et des sécheresses, selon les données disponibles.


À côté de cette forte exposition et la sensibilité aux risques latente, chronique et dynamique, s’accumulent des chocs multiples liés à la situation socio-économique, politique et environnementale au niveau territorial, qui aggrave les vulnérabilités. La situation socio-économique se dégrade au fil des ans. Par exemple, la violence des bandes armées et l’insécurité entrainent le déplacement interne de centaines de milliers de personnes, tout en perturbant la circulation des personnes et des biens à travers le territoire.


Le pays est également confronté à une nouvelle épidémie de choléra, depuis la recrudescence de la maladie en octobre 2022. Près de 5 millions de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë, dont 2 millions en phase 4 (urgence) du cadre intégré de classification de l’insécurité alimentaire (IPC, septembre 2024).

 
 
 

Commentaires


bottom of page